INTER 87 soutient les familles des victimes du tueur fou de la Dordogne

Les syndicats de fonctionnaires ont dépêché de nombreux représentants, lundi à Périgueux, à l'ouverture du procès d'un agriculteur accusé d'avoir tué deux inspecteurs du travail venus contrôler son exploitation, au mois de juin 2004 en Dordogne.
Plusieurs dizaines de leurs représentants se sont rendus à la cour d'assises de Périgueux, dont Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.
''Je suis là en solidarité et pour demander une prise de conscience du gouvernement et de la population concernant la difficulté du métier d'inspecteur du travail", a-t-il dit aux journalistes.
Des organisations syndicales se sont constituées partie civile et certaines ont appelé à un rassemblement mardi à 14h00 devant le tribunal. 
INTER 87 s'est logiquement rendu à Périgueux ce mardi, pour soutenir les familles des victimes, et notamment celle de Sylvie TREMOUILLE, 40 ans, agent de l'Inspection du travail pour le milieu agricole, qui était syndiquée à la FSU, abbatue d'un coup de fusil dans le dos alors qu'elle s'enfuyait après le premier coup de feu qui avait atteint son collègue au ventre.
Sylvie TREMOUILLE et Daniel BUFFIERE avaient été abattus à coups de fusil par un agriculteur, ancien militaire, alors qu'ils contrôlaient les saisonniers de son exploitation à Saussignac, près de Bergerac.
Ce meurtre était une première : jamais, depuis la création de l'inspection du travail en 1892, des agents de cette administration chargée de faire respecter le droit du travail n'avaient été tués en mission. Pourtant, ce crime n'a guère remué dans l'instant les ministres prompts à déployer communiqués et déplacements devant les caméras lorsqu'un policier ou un gendarme est tué.
Il y aurait des meurtres de fonctionnaires plus dramatiques que d'autres ?
Comment traiter cela comme un fait divers, dans ce contexte, où l'on rabaisse les salariés, où l'on explique qu'ils doivent travailler plus en gagnant moins, ou l'on essaie de casser le Code du travail en affirmant qu'il empêche de faire des profits encore plus immenses ? 
Il faut casser les 35 h selon le gouvernement Sarkozy?
Mais 25 % des 800 000 saisonniers travaillent illégalement 56 h par semaine, et 18 % d'entre eux n'ont pas de contrat de travail , ne sont pas déclarés...
Il y a seulement 427 inspecteurs du travail et 813 contrôleurs pour faire respecter 400 lois et 8000 décrets, pour défendre le droit de 7,8 millions de salariés qui travaillent dans 97 % des entreprises qui ont moins de 50 de salariés, et au total pour 15,5 millions de salariés du privé, qui n'ont guère de syndicats, pas de délégués du personnel, pas de comités d'entreprise dans leur immense majorité...
Ou est l'occasion de dire stop au délire libéral qui voudrait supprimer l'inspection du travail ?
Nous voulions aujourd'hui rendre un hommage appuyé à ces deux agents, victimes de la folie d'un homme, de la folie d'un système dont certains voudraient le voir encore plus libéral...
